Je suis retombée sur Howl, d’Allen Ginsberg pendant cette année de pandémie.
Au plus profond du deuxième confinement, l’effet a été celui d’un coup de bélier, de
l’eau qui revient brutalement couler dans un cours qui s’assèche. […]
La langue de Ginsberg est crue. A travers un portrait percuté et vibrant de la jeunesse universitaire de son époque et de ceux qu’elle a croisés sur sa route, elle parle de l’errance, de l’enfermement, de l’état du monde qui rend fou, de la dissidence, et de l’État qui traite la dissidence comme de la folie.
Mais par dessus tout c’est le désir de vie bouillant, urgent, qui gronde et qui déborde de
toutes les pages, un appel à dévorer la vie par toutes les sensations possibles, un
appel vers les autres, un appel au dehors, un appel à sortir de soi, à la sortie de route,
un appel aux grands espaces, un appel à prendre l’espace, un appel au contact des
corps. […]

Une performance live et musicale, proche du rap et du spoken word verra le jour en 2022, aux côtés de Delphine Battour et de Raphaël Mars.